Témoignages
Point de vue d'un juge
Régis Cavelier, magistrat et ancien 1er vice-président du TGI de Lyon nous fait part de son point de vue sur la médiation.
La médiation apporte t-elle quelque chose à la décision de justice ?
Oui. Une décision de justice a pour finalité de trancher un litige. Une, voire les deux parties peuvent ne pas être satisfaites de la décision d'un juge. Le débat judiciaire réduit souvent les problèmes posés au cadre de la loi alors que certains facteurs du litige sont plus implicites... Plus sur le terrain psychologique que juridique.
Dans ces cas-là, la médiation marque une réelle différence. C'est un mode alternatif qui est plus humain, qui permet de prendre un peu plus de temps et plus d'éléments en considération pour trouver une solution.

Avez-vous déjà fait l'expérience de la médiation ?
Cela ne m'arrive pas souvent et je le regrette. J'ai déjà suggéré des médiations. Dans une affaire où le problème était ailleurs que dans les termes posés par les parties, j'ai suggéré une médiation aux avocats lorsqu'ils se sont présentés avec leurs clients pour la deuxième audience.
Le litige opposait un CHST* et le DRH d'une entreprise qui n'était pas accepté aux réunions du comité d'hygiène. La présence de ce dernier semblait justifiée, mais l'origine du conflit tenait beaucoup plus à un problème de communication qu'à un problème de droit.
Finalement, ils ont accepté l'intervention d'un médiateur qui a réussi à les amener à une solution raisonnable et qui a abordé l'ensemble des problèmes.

Vos collègues sont-ils convaincus du bien fondé de la médiation ?
Je pense que oui, eu égard au recours fréquent à la médiation familiale. D'autres domaines doivent être investis, par exemple les litiges relatifs à des troubles du voisinage ou en matière de copropriété. Mais cela ne dépend pas que du juge puisque la décision de désignation d'un médiateur suppose le recueil de l'accord des parties.
De mon point de vue, on peut ne pas être formé à la médiation tout en étant convaincu du bien fondé de cette démarche. Une démarche qui ne se substituera jamais aux décisions de justice, mais qui peut être plus efficace dans certains cas. Encore faut-il que les juges puissent compter sur des médiateurs professionnels.

Justement, qu'en est-il du facteur psychologique ?
Il est évident ! Que ce soit pour un chef d'entreprise, un salarié ou des associés, il est préférable de régler le problème rapidement afin de ne plus avoir à le " ruminer ". De plus, c'est toujours plus valorisant d'être acteur dans la prise de décision que de laisser son sort entre les mains d'un juge.

C'est important pour vous ?
Très ! N'est pas médiateur qui veut. Ce doit être un professionnel qualifié et formé sérieusement… C'est le seul moyen pour que la médiation trouve grâce aux yeux des juges et des personnes pouvant être concernées par une action en justice. Pour ma part, j'estime que le CIMA est plutôt bien placé de ce point de vue là, à condition d'étendre le recrutement.

* Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail

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